Voici un résumé consistant de l'intervention de Philippe DETERRE, prêtre de la Mission de France et chercheur au CNRS, ainsi qu'une reprise non moins consistante d'une participante à cette journée du 4 août.
Philippe DETERRE:
Le premier ressort de la recherche scientifique n'est pas d'abord la construction de grandes synthèses explicatives sur la nature et son devenir: il consiste surtout à contrecarrer les évidences, les idées reçues, à contredire le « bon sens ». Spontanément en effet, chacun de nous a des idées sur la manière dont fonctionnent le monde, la nature et la vie. Et le plus souvent, la science casse ces idées spontanées. Ce fut par exemple le geste fondateur de Galilée, reprenant Copernic: « Non, le soleil ni ne se lève ni ne se couche ! Non, la terre n'est pas au centre du monde ! ». Un autre exemple en est l’expansion de l’univers : imaginer un univers qui change et évolue, passe encore, mais imaginer un univers en expansion, cela devient difficile. Se pose inévitablement la question de « bon sens » suivante : si l’univers est en expansion, dans quoi se déploie-t-il ? L’astrophysicien répond que cette question n’a pas de sens scientifique ! Et encore cette question simple :si l’univers a un début, qu’y avait-il avant ? Là encore, selon la physique relativiste, cette question n’a pas de sens, car sans espace, il n’y a pas de temps1 !
La science prend donc le « sens commun » à rebours. Le premier à être bousculé est le chercheur lui-même. Son travail l’amène souvent en effet à un changement de regard, une mutation de ses représentations. Il arrive, dans un champ de recherche précis, qu’une expérience, un résultat oblige à reprendre les choses autrement, à laisser tomber une hypothèse pourtant belle, simple et attrayante. Pourquoi le scientifique accepte de ne pas s’accrocher à une représentation disqualifiée ? Parce qu’il « sait » qu’une autre hypothèse pourra être plus efficiente. Très exactement, ce n’est pas ici un « savoir », c’est une confiance primordiale : derrière le chaos apparent, le chercheur continue de penser – souvent contre toute évidence – qu’une cohérence existe et qui est à découvrir. C’est cette confiance, cette « foi » qui permet aux chercheurs de relancer l’investigation. Et cela peut donc amener à accepter de changer de théorie, à se résoudre à changer de représentation, critiquer une hypothèse et consentir à une autre, peut être moins esthétique, mais plus proche du résultat des expériences. C’est ce passage qui fait le « sel » du travail du chercheur scientifique, c’est-à-dire ce qui à la fois décape et donne de la saveur, du goût. Cette « expérience » est, en tout cas, ce que le chercheur guette, redoute et attend.
Ce travail de « chute » de représentations peut être rapproché de ce qui se passe dans l’existence ordinaire, certes à un niveau beaucoup plus charnel et vital. Il arrive ainsi dans la vie d’un être humain que viennent à tomber les « hypothèses » sur lesquelles il a vécu, c’est-à-dire les fidélités sur lesquelles il s’est appuyé, les amours et les amitiés qui l’ont fait vivre. Il arrive des moments où le sens même que l’on donne à son existence vient à s’effondrer. S’éloignent alors les représentations habituelles de soi, du monde, du cosmos, de l’humanité, des autres, des relations entre soi et les autres, de sa communauté, de l’Eglise et… de Dieu.
C’est ce qui arrive à beaucoup dans la longue histoire biblique : Adam au jardin, Caïn avant le meurtre d’Abel, Abraham avant le sacrifice d’Isaac, Moïse au Sinaï, Elie à l’Horeb, Jonas à Ninive et… Jésus à la Croix. Telle qu’on peut la retracer selon les évangiles, l’histoire de ce Jésus de Nazareth montre qu’il est très vite conscient qu’il va au-devant d’une mort certaine. Il pourrait y aller avec la certitude de mourir pour une bonne cause, entouré des siens et des membres de son groupe. Ce n’est pas le cas : tous l’abandonnent. Il pourrait y aller avec la représentation du prophète juif injustement condamné. Même cette mort-là lui est refusée : il ne meurt pas de la mort juive par lapidation, mais de la mort romaine des esclaves, crucifié. Dieu lui-même l’abandonne : c’est son cri sur la Croix.
Nous recevons des Evangiles et de ses témoins que, au moment où tombent toutes les représentations que Jésus pouvait avoir de Dieu, de son peuple et de lui-même, il lui est donné la force de traverser et de pardonner. Et nous croyons que c’est en cela qu’il est le premier ressuscité, qu’il est Fils de Dieu, et qu’il nous donne de l’être : à sa suite, nous pouvons aussi traverser toutes ces morts qui surviennent, ces épreuves où le sens vient à manquer. Jésus est le passeur de Gethsémani2.
Bien situer le rôle des sciences dans notre société contemporaine permet de comprendre que savoir ne suffit pas pour vivre. On pourra préciser autant qu’il est possible d’où vient le vivant sur terre, où commence et où termine la vie biologique, cela ne dira rien sur la manière de vivre à hauteur d’homme. Il y faut un engagement, il y faut une décision, il y faut une confiance. Les sciences ne disent pas la morale. Elles la sollicitent même : on le constate aujourd’hui à propos des questions bioéthiques.
Les connaissances acquises par les sciences contemporaines et leur travail continu de recherche ne sont pas une menace qui mènerait à la mort de l’homme ou celle de Dieu. Par contre, elles sollicitent la vigilance et l’action humaine, la confiance en l’avenir. Pour éviter cette vigilance et cette confiance nécessaires, la grande tentation est de se réfugier dans le « savoir », dans une explication totale ; qu’elle vienne des sciences ou des religions, n’est qu’un détail…
Pour plus de développements, voir
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« Chercheurs en sens, chercheurs de sens », Pierre Valiron et Philippe Deterre, 2009, Editions de l’Atelier -
« La recherche scientifique, un discernement spirituel », Christus, n°226, avril 2010, Assas Edition.
2 Selon le belle expression d’Emmanuel Falque. Le passeur de Gethsémani. Angoisse, souffrance et mort : lecture existentielle et phénoménologique. Cerf, 1999.
une participante:
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Chercheurs en science, chercheurs de sens. |
Rencontre avec le Père Philippe DETERRE, prêtre de la Mission de France et directeur de recherches au CNRS, physicien et ingénieur de formation, qui travaille notamment aujourd'hui dans un laboratoire d'immunologie à la Faculté de Médecine de la Pitié-Salpêtrière. Conférence et discussion autour du dialogue publié avec son ami astrophysicien agnostique Pierre VALIRON (†), chercheurs en sciences, chercheurs de sens. L'aventure scientifique peut-elle appuyer sa cohérence et sa justesse sur son seul rapport à l'Homme et comment? Ainsi, il nous invite à repenser le sens du progrès considéré comme service et source d'humanisation.
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LES SCIENCES EN TRAVAIL: LA SOCIETE DES CHERCHEURS
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LES SCIENCES EN QUESTION: LA SOCIETE ET LES CHERCHEURS
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LE DARWINISME ET SON HISTOIRE AMBIGUE
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LES RESSOURCES INSOUPCONNEES DE LA CREATION
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I. LES SCIENCES EN TRAVAIL: LA SOCIETE DES CHERCHEURS
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la science contre le bon sens.
Exemple par la découverte et la lente mise en place d'une nouvelle conception de l'univers:
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24 mai 1543, COPERNIC publie Des révolutions des sphères célestes avant de mourir: le soleil ne se lève ni ne se couche peut-être pas; la terre n'est plus au centre du monde.
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1929, Edwin Powell HUBBLE et le télescope. Les appareils permettent souvent de découvrir des choses inattendues. Les galaxies s'éloignent (de plus en plus loin et de plus en plus vite). L'univers a donc pu être plus concentré qu'aujourd'hui: un univers non stable en extension. Notion d'atome primitif.
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Mais conception minoritaire chez les astrophysiciens jusque dans les années 1960. Cf. aussi en 1964, PENZIAS et WILSON, deux ingénieurs de la Bell Compagny (téléphone) qui travaillent sur un radar très sensible: devant le bruit persistant qu'ils perçoivent avec leur appareil ils concluent à un défaut technique. Les ingénieurs péfèrent abandonner une recherche qui ne semble pas pouvoir aboutir.
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... mais des chercheurs en science fondamentale avaient prévu une hypothèse se rapprochant de ce résultat: chercher le bruit de l'univers (très vieux: 100 000 ans après le Big-bang, au moment où les électrons se mettent à tourner et où l'univers devient transparent) sur la même fréquence que PENZIAS et WILSON. Conclusion: l'univers est bien en expansion.
=> théorie appelée « théorie du Big-Bang » par dérision par des astrophysiciens non convaincus...
=> on passe donc de la conception d'un univers stable à un univers qui a une histoire.
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La science fonctionne toujours par critique.
Processus par critique...
« L'Univers est un univers dont le centre est partout et la circonférence nulle part ». PASCAL
Où se fait l'expansion de l'univers? Dans rien car il est tout: ne s'étend pas dans un espace préexistant.
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PROCESSUS DE LA RECHERCHE ET D'UNE DECOUVERTE SCIENTIFIQUE: quand une erreur correspond à ce qu'on trouve: vérifier et organiser un séminaire interne, puis un article, qui soumet la découverte à la critique des autres scientifiques... (cela peut-il s'expliquer autrement? D'autres conclusions?) |
Accepter de trouver ce qu'on ne cherche pas.
Exemple: l'ADN, pour décoder l'information génétique (1948-1953): couleur des yeux, formes des pattes... L'information se trouve dans les cellules ( fait connu depuis les années 1920, au moins pour les mamifères), mais où? L'ADN apparaît en effet comme une molécule complètement uniforme mais en 1945 quelqu'un soupçonne que cette information est peut-être pourtant dans l'ADN. En 1948, AVERY publie un article comparable.
=> tant qu'on n'a pas une explication claire, on ne change pas de théorie.
Le hasard et la nécessité de Jacques MONOD, à la fin des années 1970. Un gène peut produire plusieurs protéines différentes (gènes mosaïques): il n'est pas continu (c'est l'épissage). On ne peut donc par exemple pas refaire un organisme avec seulement un ADN (selon la cellule on n'a pas forcément la même protéine): comment coder?
Cf. une publication de Jean JACQUES qui recense quelques uns de ces heureux hasards: la péniciline, le post-it, la glue, Pluton, les rayons X...
« la science ne sert que les esprits préparés » aurait dit PASTEUR
II. LES SCIENCES EN QUESTION: LA SOCIETE ET LES CHERCHEURS
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la génétique (et le téléthon).
Véhiculerait l'idée (fausse) que si quelque chose ne va pas, cela vient de l'ADN. En fait cela n'est le cas que dans 0,01% des maladies (de vraies maladies génétiques): une mutation entraîne alors une maladie. En revanche parfois certains terrains génétiques sont favorables à certaines maladies...
Exemple: recherche du Père DETERRE en épidémiologie sur le gène CX3CR1. En réalité, on n'a pas tous la même molécule: il en existe principalement deux, qui sont inégalement réparties chez les européens (disons A et B) qui peuvent donc êtres plus ou moins sensibles à certaines maladies:
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moins de chances de maladies cardio-vasculaires (calculs de probabilités; même écart que si l'on fume ou on, que si l'on est un homme ou une femme)...
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mais augmente le risque de maladies cérébro-vasculaires
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moins de maux de têtes
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mais plus de DMLA (la première maladie dégénérescente du cerveau, la rétine étant comme un poste avancé du cerveau), qui touche ¼ des personnes de plus de 75 ans.
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un meilleur taux de survie des patients atteints de génoblastome (tumeur au cerveau) notamment de niveau 4, celui devant lequel on est le plus impuissant.
=> ce gène est-il bon ou non? Cela est utile mais quel sens cela a-t-il?
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début et fin de vie.
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Une question de biologie... mais cette science n'y apporte pas de réponse.
D'ailleurs, la notion de « début de vie » a beaucoup bougé dans notre histoire (et la fin aussi).
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exemple: les cellules-souches:
pas au point encore. Espoir/ rêve de rémission des diabètes: une grosse application potentielle.
Question mais révolution conceptuelle aussi. Une cellule différente créée peut retourner à l'état de départ (on pourrait recréer une souris nouvelle et fertile). Mais attention, comprendre le fonctionnement n'est pas faire.
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La biologie synthétique (la bactérie de C. VENTER)
utopie: faire une cellule vivante avec du chimique épars. Cela ne serait pas rien mais... (cf. Allemagne XIXè siècle: urée de synthèse). Mais on en est encore loin quand même.
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OGM, nanosciences, réchauffement climatique...
III. LE DARWINISME ET SON HISTOIRE AMBIGUE. 
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L'origine des espèces, 1859.
particulièrement bien écrit et lisible (pas trop technique): dommage qu'il y ait eu quelques phrases malheureuses cependant:
exemple: « nous devons supporter les effets indubitablement mauvais de la survie des plus faibles, de la propagtion de leur nature... » => entraîne eugénisme.
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un an après sa mort, GALTON, son neveu, publie un livre où apparaît la notion d'eugénisme.
Soit positif: promouvoir des accouplements judicieux
Soit négatif: empêcher les moins aptes d'obtenir une descendance (mais les moins 'aptes' à quoi?)
Voir Dans la lumière et les ombres, sur DARWIN, J.-Cl. AMEISEN.
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Le fils de DARWIN est même devenu le permier président de la Société Eugéniste Anglaise mais on remarque cependant qu'il n'y a jamais eu de loi allant en ce sens sur le sol britannique car on trouvait aussi une forte opposition. « Ce que la nature fait aveuglément, brutalement, l'Homme peut le faire à dessein, rapidement, gentiment. » (sic!)
Dans le même ordre d'idée, voir HECKEL aussi puis HIMMLER (« le nazisme c'est de la biologie appliquée »!): grave en biologie.
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1893, HUXLEY2, Evolution et Ethique: « le progrès éthique d'une société dépend non pas de sa capacité à imiter les lois cosmiques, encore moins de sa capacité à les fuir, mais de sa capacité à les combattre. »
Cf. AMEISEN: pas de loi malgré GALTON en Grande-Bretagne (stériliser les ivrognes? Les prostituées? Les Irlandais?...) mais aux Etats-Unis oui, dans les années 1910-1920 apparemment (publicités...) et aurait duré plus longtemps encore dans certains pays scandinaves.
=> gros progrès de la recherche sur le vivant avec DARWIN mais pour la réflexion sur science et société? Le darwinisme social a laissé s'introduire une idée comme la « solution finale » (1941-1945).
=> entraîne aussi depuis une forte opposition des croyants dans le monde anglo-saxon, notamment les évangélistes, avec par exemple en 1920 « le procès du singe »: les tenants de la théorie du créationisme se présentent alors comme les défenseurs des faibles, face au darwinisme (social), avec leur lecture littérale de la Bible...
[ IV. LES RESSOURCES INSOUPçONNEES DE LA CREATION3]
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question sur une version un peu plus laïque si l'on peut dire: le dessein intelligent.
Idée qu'une cellule est quelque chose de compliqué... cf. la boîte-noire de Darwin (ne peut pas marcher pas par essai-erreur, mais d'une seul coup).
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Selon le Père DETERRE, Dieu n'a rien à voir avec ce que je ne comprends pas dans l'univers, il n'est pas juste un bouche-trou des lacunes de la science. Pourquoi prier d'ailleurs dans ce cas?
Mais question alors: dans le Credo, on dit bien « créateur du ciel et de la terre » (et pas 'fabricateur')?
Mais alors cf. aussi Genèse II 1-7: pourquoi les deux mots sont-ils utilisés dans la Bible? En Genèse I, Dieu 'créé', par sa parole même (pas 'fabriquant': différent)
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Comment en fait travailler la question de ce qu'est la Création sans tomber dans le Créationisme?
Genèse II, 4: telle est la naissance. Dieu y est appelé 'Seigneur Dieu' ou 'Dieu'.
=> d'après certains exégètes, on aurait une compilation de plusieurs récits différents, avec deux époques de rédaction et donc deux textes.
1- création en six jours: tradition mésopotamienne (environ vingt siècles av JC): épopée de GILGAMESH...
2- terre, côte (ou côté?) d'Adam: plus ancien peut-être; autre tradition.
=> et pourquoi le rédacteur n'a pas choisi? Mais a fait des efforts pour gommer, lisser les différences. La procédure/ le scenario n'est pas le plus important. Mais qu'est-ce donc alors?
=> cf. Genèse I: six jours et environ même ordre/ protocole (expérimental!) que les épopées... mais (petites) différences, attention.
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dans le cas de GILGAMESH, les dieux sont fabricateurs (notamment le Soleil), alors qu'en Genèse I, le soleil est crée le 4è jour et la lumière le 1er: le soleil est donc une créature comme les autres (rien de divin).
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Et le 7è jour, Dieu ne fait rien5: il 'consacre' cela alors qu'il ne l'a pas fait même pour l'Homme et la Femme. Ainsi, Dieu est-il peut-être plus créateur lorsqu'il ne fait rien (Dieu est un être doux).
« Dieu est plus fort que sa force. Le Sabbat est la marque de la douceur de Dieu », comme le dit Paul Beauchamp (cf. les icônes par exemple...)
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religion et science ont un point commun: percer des mystères.

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Un bon scientifique est celui qui est capable de faire la jonction entre savoir faire des hypothèses et les mettre en application (expérimentation):
exemple: EINSTEIN qui a contredit en toute logique la physique quantique « Dieu ne joue pas aux dés ». En 1980, un autre scientifique est désormais capable de faire l'expérience: le résultat improbable prévu par EINSTEIN s'avère juste bien qu'il ait cru la chose impossible: l'information va plus vite que la lumière (la théorie quantique n'entre donc pas dans celle de la relativité générale).
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Point de contact avec la religion/la foi: l'expérience, l'effet de réel => parfois ce qu'il a devant les yeux l'oblige à rejeter ce qui est dans sa tête. Processus comparable pour un croyant (nombreux exemples dans la Bible): représentations de Dieu, du monde... tombent parfois. La foi chrétienne est ce qui reste quand tombent les réprésentations de Dieu et du monde.
Psaume 76: « Vers Dieu ma voix: je crie (...) est-ce pour les siècles que le Seigneur rejette, qu'il cesse d'ajouter à sa faveur? (...) Toi, le Dieu qui fait merveille, tu fis savoir parmi les peuples ta force; par ton bras gauche tu rachetas ton peuple... »
=> problème du croyant face à Dieu: toutes ses représentations tombent. La foi c'est une traversée de nuit quand il n'y a plus de représentation. Le croyant n'est pas d'abord celui qui donne un sens à sa vie (bien-sûr, d'accord mais pas seulement): c'est celui dont la foi tient même lorsque le sens tombe (celui de sa relation à Dieu ou à sa vie même): exemple de Jésus sur la croix (seul, sans ses disciples? Dieu pourrait au moins le sauver? Aurait au moins pu mourir comme un prophète, c'est-à-dire lapidé?) qui a perdu tous les appuis du sens à sa vie.
=> comment faire? Pardonner, c'est-à-dire ressusciter (même si la science est bien-sûre plus modeste).
On peut voir pour cela l'observation du centurion dans l'évangile de Marc « celui-ci était un juste », bien qu'il ne pourrait voir qu'un chef de secte de plus mourir sur une croix romaine.
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pour Pierre VALIRON, la science était une quête de beauté.
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Paul VALERY « tout ce qui est simple est faux et tout ce qui est complexe est invisible »
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la physique déterministe (mécanique, électricité...) est celle qui est enseignée mais la recherche actuelle en astrophysique ou en physique quantique? L'enseignement demande de pouvoir donner des points certains et clairs d'une part mais pourquoi, même en science physique, l'Homme serait-il capable d'inventer un modèle? Dans le cas contraire, les élèves pensent qu'on ne sait rien. Avoir fait un peu de recherche avant d'enseigner serait le mieux. Un exemple montre à quel point la science est difficile à percevoir, à croire même (puisque l'on ne peut plus voir à l'oeil nu): l'ADN et l'ARN, mais on peut les expliquer.
cf. François MAURIAC « les scientifiques nous disent des choses encore plus incroyables que Messieurs les Curés ».
En fait donc, on peut résister à la science. Il faut être capable de dire qu'il y a des choses invisibles derrière les choses visibles (des jeunes d'aujourd'hui arrivent à ne plus croire que la Terre tourne autour du Soleil!). Les chercheurs se posent-ils la question du sens ou sont-ils noyés sous le flot de la technique nécessaire aux expériences (refaire, marche ou pas, refaire, conclusions...)? On ne les croit plus bien qu'en biologie ils parviennent peut-être à mieux garder le contact avec le public (notamment grâce à la médecine)...
(...)
1Le bon hasard, la chance en anglais, comme lorsqu'on découvre quelque chose que l'on ne cherchait pas.



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