De Notre-Dame de Temniac à Notre-Dame de l’Atlas,
l’espérance de Tibhirine
Journée de partage – 30 octobre 2010
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Le 23 mai 1996, le monde entier apprenait avec stupéfaction la mort des sept moines de Tibhirine, égorgés par leur ravisseurs. Ainsi prenait fin, dans le sang, la terrible attente : les hommes de prière avaient été exécutés par les islamistes qui les séquestraient depuis cinquante-six jours.
Ces jours de violence qui ont marqué les cœurs et les esprits nous disent quelque chose d’une vie donnée, donnée par avance. C’est un engagement sans faille, la réponse à un appel sans mesure.
Je vous propose de faire davantage connaissance avec la vie quotidienne et le dialogue engagé par les frères avec les villageois de Tibhirine. Un chemin que nous allons suivre en compagnie de Marie. Vous savez que Marie est aussi vénérée par les musulmans qui reconnaissent en elle une figure de sainteté. Marie est signe de dialogue sur cette terre de différence. Marie, porteuse d’une promesse de paix… Voilà ce que Notre-Dame de l’Atlas signifiait sur la terre algérienne. Marie qui dit oui, Marie qui est transpercée de douleur, Marie qui visite et (ap)porte le Sauveur du monde.
Tibhirine : rien ne s’est déroulé comme prévu
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Marie qui dit « oui ». La vie des moines de Tibhirine est fait de « Fiat » successifs : « qu’il me soit fait selon ta volonté »… Au XIXe siècle, les cisterciens créent un premier monastère dans l’Algérie française. Fermé au début du XXe siècle, le monastère sera recréé, cette fois-ci à Tibhirine en 1938. Conformément à la règle monastique, il s’agit de partager en communauté une vie contemplative, comme vivent, par exemple, les moines de Tamié ou Aiguebelle qui font partie de la même famille religieuse.
Mais voici déjà une première surprise : après l’indépendance de l’Algérie, fallait-il rester sur cette terre hostile ? Alors que la présence d’Eglise se fait très discrète, presque insignifiante, il y a toujours eu des vocations pour vivre à Tibhirine : « Etre priant parmi d’autres priants », aimait dire Christian de Chergé, le prieur, responsable de la communauté. Dans ce « petit reste » de chrétiens en terre d’Algérie, les moines ont toute leur place.
Deuxième surprise : la vie monastique suit des règles bien précises, qui sont identiques sous toutes les latitudes. Et voici que les frères de Tibhirine ont l’intuition d’un dialogue avec la population locale : ils partagent avec eux le quotidien, mais aussi les difficultés de l’existence, et même une certaine quête spirituelle.
Abandonnant une grande partie des terres lors de l’indépendance, le monastère gère le jardin en coopérative avec les villageois. Frères Luc, arrivé à Tibhirine en 1946, est médecin : pendant presque quarante ans, il accueille tous ceux qui se présentent à sa consultation.
Enfin, c’est à frère Christian que revient l’initiative d’un véritable partage spirituel islamo-chrétien. Pour plusieurs raisons que je voudrais détailler :
-tout d’abord, Christian est venu en Algérie alors qu’il n’était qu’un enfant. « Je garde une profonde reconnaissance à ma mère qui nous a appris, à mes frères et à moi, le respect de la droiture et des attitudes de cette prière musulmane. ‘Ils prient Dieu’, disait ma mère. Ainsi j’ai toujours su que le Dieu de l’islam et le Dieu de Jésus Christ ne font pas nombre. »
-Il a ensuite passé son service militaire en Algérie. Durant les « évènements », il se lie d’amitié avec Mohamed, un garde-champêtre. Un jour, ils se trouvent tous deux pris dans une embuscade, et les indépendantistes veulent tuer le soldat français. Mohamed s’interpose : il sera retrouvé le lendemain, mort sur la margelle de son puits, assassiné. C’est pour Christian le signe universel du don de la vie : une leçon « d’eucharistie » donnée par un musulman à son frère chrétien.
-Une fois Christian devenu moine en Algérie, il y a de nombreuses anecdotes qui symbolisent ce dialogue entamé. Comme par exemple, cet échange avec un villageois qui discutait fréquemment avec Christian ; « Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé notre puits », lui fait remarquer le prieur qui ajoute : « Crois-tu que nous trouverons de l’eau chrétienne au fond du puits, ou de l’eau musulmane ? » Et l’ami de lui répondre : « N’as-tu pas encore saisi que c’est de l’eau de Dieu que nous trouverons ? »
Troisième et douloureuse surprise, que je ne développe pas dans ses moindres détails, mais je pourrai y revenir si vous le souhaitez : les moines étrangers sur une terre étrangère, sont devenus Algériens, victimes de la folie de certains Algériens. Bien sûr, dès 1993, les étrangers sont menacés par l’ultimatum des islamistes. Religieux, mais aussi industriels, commerçants, étudiants… Tous sont sommés de quitter l’Algérie. Et les moines ne sont pas naïfs : il se savent en danger. Mais peuvent-ils partager l’existence des villageois, à l’exception de cette terrible menace ? Le moine fait vœu de stabilité, jusqu’alors compris comme l’attachement à une terre, à un monastère. Pour les frères de Tibhirine, ce sera désormais l’attachement à un peuple tout entier souffrant.
« Fiat » : qu’il advienne selon ta volonté. Voilà Notre-Dame de l’Atlas qui guide ses enfants de Tibhirine sur le chemin ardu et ténébreux de la violence.
Tibhirine, l’expérience du glaive
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Marie, transpercée de douleur. La veille de Noël 1993, un premier commando envahit le monastère. Quelques jours auparavant, à une poignée de kilomètres, douze Croates ont été assassinés par des maquisards. Quand les islamistes débarquent dans l’enceinte du monastère, Christian de Chergé refuse de parlementer avec des hommes armés : « Soit vous laissez vos armes dehors, soit nous discutons à l’extérieur », impose le prieur. Les « frères de la montagne » comme ils sont désignés par les moines en opposition aux villageois « frères de la plaine », exigent une aide financière et médicale.
« Vous n’avez pas le choix », ne cesse de dire le chef du commando. « Si, nous avons le choix », rétorque à plusieurs reprises Christian de Chergé. Devant la violence, nous avons le choix de résister, de dénoncer l’in-humain, l’in-tolérable, l’in-acceptable, comme le disait déjà Etty Hillesum dans les camps de concentration : : « Sais-tu que j’ai le pouvoir de te faire mourir, dit le bourreau. Et le martyr a cette réponse : savez-vous que j’ai le pouvoir d’être tué. »
C’est durant cette période dont on perçoit toute l’intensité, que Christian de Chergé écrit son « Testament spirituel », un texte magnifique, d’une rare densité humaine. Nous y reviendrons, mais frère Christian dit bien ce choix fondamental, réfléchi, d’une vie donnée : « S’il m’arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd’hui - d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à ce pays. »
Une vie donnée par avance, qui n’est certainement pas sacrifiée : « Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. » Ces hommes aiment la vie, ils se lèvent chaque nuit pour prier Dieu, ils s’émerveillent devant la beauté aride de cette terre rouge…
Toujours est-il qu’il faut apprendre à vivre au cœur de ce tumulte, et les frères se posent sérieusement la question : faut-il partir ? rester ? « Si vous partez, vous nous privez de votre espoir et vous nous enlevez notre espoir » confie un villageois à frère Christian.
« Ici le courrier n’arrive plus guère, le pont a sauté, on brûle la forêt, on manque d’eau, et il fait chaud… Et puis ici, vous savez, on tue beaucoup », témoigne frère Christophe. Mais après les heures de peur et de stupeur, les moines décident sans faiblir de rester : « D’autres ne peuvent plus exercer leur contrat professionnel. Le nôtre n’est pas remis en cause, au contraire : la prière et nos différents travaux retrouvent dans la situation comme un surcroît d’urgence. (…) Un double choix de fidélité : à la prière et à des activités très banales et quotidiennes. » explique Christian.
Dans la nuit du 26 au 27 mars « ils » sont de retour comme le dira frère Jean-Pierre, un des deux frères qui échappent au rapt. Tout va vite, très vite. Les otages sont emmenés dans la montagne. Loin de ces contrées, par le canal des informations, comme moi, vous apprenez à la fois cet enlèvement et en même temps l’existence de ce monastère.
Les avis sont plutôt optimistes : s’il s’agissait de les éliminer, les terroristes l’auraient fait tout de suite, comme contre leurs voisins croates, et comme pour onze autres religieux et des centaines et des centaines d’Algériens avant eux. Et puis, plus le temps passe, plus il faut rester confiant : partager le quotidien avec ces hommes de prière n’a pas pu laisser les ravisseur indemnes : il a dû se passer quelque chose de très fort entre les moines et leurs geôliers.
Mais la violence aveugle a le dernier mot : après 56 jours de captivité, les moines sont égorgés, le 21 mai : les négociations n’aboutissent pas, « tranchant ainsi le fil du dialogue (…). De notre côté, nous avons tranché la gorge des sept moines conformément à ce que nous avions promis de faire. C’est ce qui s’est passé ce matin. »
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Extrait du testament :
« Je ne saurais souhaiter une telle mort ; il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j'aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C'est trop cher payé ce qu'on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu'il soit, surtout s'il dit agir en fidélité à ce qu'il croit être l'islam. »
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Tibhirine : le chemin de la Visitation
Marie qui visite et (ap)porte son fils.
Quand nous découvrons la vie des moines, il y a un ébahissement normal devant cette existence brisée mais si riche. Quel beau témoignage ! Nous pourrions nous contenter – et c’est déjà bien – de remercier Dieu pour ce don extraordinaire de la communauté de Tibhirine… Et ne pas nous sentir davantage concernés par leur formidable engagement « pour Dieu et l’Algérie », comme le disait frère Christian.
Et si les moines nous invitaient à leur suite ? Et s’ils nous laissaient l’esprit de Tibhirine en héritage ? Je voudrais juste vous livrer quelques pistes de ce chemin spirituel qu’ils ont ouverts et qui, à la suite du Christ, est ouvert à tout homme, en tous lieux.
Christian de Chergé méditait volontiers l’évangile de la Visitation comme étant l’expression profonde de leur présence en Algérie et leur découverte du dialogue avec la foi musulmane. « Marie porte en elle l’Emmanuel. Il est son secret. Elle ne sait comment le dire. Doit-elle même le dire ? Et voici que souvent c’est l’autre qui prend l’initiative du salut comme Elisabeth parlant la première dans la liberté de l’Esprit. »
1 – l’autre nous révèle
Voilà l’une des intuitions des moines, laissée en partage : nous, chrétiens, mais ceci pourrait être vrai de tout homme, nous sommes porteurs d’un trésor, difficilement transmissible. L’autre, fut-il étranger, d’une autre religion, d’une autre génération, l’autre que je rencontre va reconnaître en nous ce trésor : « Bénie parmi les femmes ! Béni ce que ton ventre porte ! Comment se fait-il que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Bonheur pour celle qui a cru que se réaliserait ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! », s’exclame Elisabeth, mettant des mots sur l’incroyable naissance qui s’annonce. C’est Elisabeth qui fait Marie porteuse de Dieu.
2 – qui sont nos villageois ?
Tibhirine n’est finalement peut-être pas très différent de Nazareth. Notre-Dame de l’Atlas témoignait au cœur du quotidien d’une espérance, et dans l’Algérie ensanglantée, nous devinons ce que cela voulait dire. D’ailleurs, le village n’était-il pas étonnamment protégé par le fait même de la présence des moines ? Tout comme Marie que nous savons présente, gardant en cœur tout ce qui fait « événement » dans la vie, et gardant en son cœur le chemin de Jésus, les moines partagent la vie des villageois qui s’en trouvent pétrie de simplicité et de douceur. Et nous-mêmes, chrétiens dans la pâte de cette société parfois dure, même si ce n’est pas de la même dureté que le terrorisme islamiste, qui sont nos villageois ? Qui sont ces gens au milieu desquels nous vivons, partageant avec simplicité le quotidien, rayonnant simplement de notre espérance ?
3 – Quelle différence vient m’enrichir ?
Vous vous souvenez de l’eau du puits : il y a beaucoup d’humilité dans pareil dialogue interreligieux.
-Chacun est invité à être tout à fait lui-même, et les moines de Tibhirine étaient de véritables priants chrétiens, vivant sans réserve la règle monacale.
-Chacun est respectueux de l’autre, parce qu’il est, sur des sentiers différents, dans la même recherche de Dieu. Comme disait Christian de Chergé, il ne s’agit pas de parler d’un autre dieu, mais de parler de Dieu autrement.
-Chacun est nourri des découvertes de l’autre. Plusieurs moines participaient à un groupe d’échange le ribât el salam, le « lien de la paix », qui réunissait chrétiens et musulmans non pas pour débattre des questions théologiques sur lesquelles ils auraient fini logiquement par souligner les différences et les conflits possibles, mais abordent au contraire les pratiques spirituelles qui se nourrissent mutuellement.
Concluons dans le même étonnement avec le testament spirituel de Christian de Chergé. Le prieur de Tibhirine ne dit pas tout comprendre du mystère des religions. Mais il dit toute sa foi en un Dieu espiègle dirai-je, qui nous révèlera le sens de ces différents chemins : « sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui ses enfants de l'islam tels qu'il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de sa Passion, investis par le don de l'Esprit dont la joie secrète sera toujours d'établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences. »
Christian, Christophe, Luc, Michel, Bruno, Michel, Célestin, Paul, visages ouverts et offerts pour dire Dieu. Notre-Dame de l’Atlas invite à la confiance en-visagé en chaque être : « O Dieu, tu es mon espérance sur le visage de tous les vivants ».
Christophe Henning
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TESTAMENT DE DOM CHRISTIAN DE CHERGÉ
ouvert le dimanche de Pentecôte 1996
Quand un A-DIEU s’envisage...
S’il m’arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd’hui - d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie,
j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal.
Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ?
Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus.
En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance.
J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément.
J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité,
en même temps que de pardonner de tout coeur à qui m’aurait atteint.
Je ne saurais souhaiter une telle mort.
Il me paraît important de le professer.
Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’Islam. Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement.
Je sais aussi les caricatures de l’Islam qu’encourage un certain idéalisme.
Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.
L’Algérie et l’Islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme.
Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église,
précisément en Algérie, et déjà, dans le respect des croyants musulmans.
Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison
à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste :
« qu’Il dise maintenant ce qu’Il en pense ! ».
Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.
Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père
pour contempler avec lui Ses enfants de l’Islam tels qu’ils les voient, tout illuminés de la gloire du Christ, fruit de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit
dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur,
je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout.
Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie,
je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici,
aux côtés de ma mère et de mon père, de mes soeurs et de mes frères et des leurs,
centuple accordé comme il était promis !
Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais.
Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet « A-DIEU » en-visagé de toi.
Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux,
en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. AMEN !
Insha ‘Allah !
Alger, 1er décembre 1993
Tibhirine, 1er janvier 1994
Christian



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